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Dernière mise à jour le 03 décembre 2006 |
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La formation de la Grande Roumanie
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Alexandru Ioan Cuza |
La conférence internationale de 1858 consacre l'autonomie
des principautés. Napoléon III est intervenu en faveur de
la liberté des élections aux assemblées des principautés
et en 1859, au moment où les assemblées valaques et moldaves élisaient
le même prince, Alexandru Ioan Cuza, pour faire accepter à l'Europe
le fait accompli de la nouvelle principauté moldo-valaque, future
Roumanie. La naissance de cet Etat a été difficile, s'agissant d'une construction inachevée, dépourvue de souveraineté externe, reposant uniquement sur l'union personnelle. Le prince Cuza s'est attaché à consolider l'union des principautés en fusionnant les deux assemblées, en procédant à l'unification financière et judiciaire. Mais un immense retard économique et administratif devait être comblé. Les projets du prince sont ambitieux, comme celui de rendre l'enseignement primaire obligatoire et de démocratiser l'enseignement secondaire. Pour restituer à l'Etat d'énormes revenus, Cuza sécularise les biens ecclésiastiques placés sous le patronage de Constantinople, de Jérusalem où du Mont Athos. La loi agraire libère les paysans des redevances et corvées dues aux propriétaires et sépare la |
terre des boyards et des paysans, indemnisant
les premiers. Les conservateurs contestent Cuza, mécontents de
la réforme
agraire, les libéraux refusent son autoritarisme. Il est obligé d'abandonner
le pouvoir en 1866 et sera remplacé par le prussien Charles de
Hohenzollern-Sigmaringen, devenu Carol I de Roumanie. L'occasion d'en finir avec la vassalité anachronique de la principauté moldo-valaque a été la guerre russo-turque de 1876, à laquelle le prince Carol décide de participer. Si les négociations de San Stefano et de Berlin de 1878 consacrent l'indépendance totale de la Roumanie unifiée, elles notifient aussi la reprise, par les Russes, de la partie de Bessarabie rendue en 1856, contre une compensation pour la Roumanie, la Dobroudja du Nord. Le pays devient une monarchie en 1881, mais la sphère politique continue à connaître l'alternance au pouvoir des conservateurs et des libéraux qui représentent les classes dirigeantes, boyards d'un côté, bourgeois et intellectuels de l'autre. Le peuple reste le grand absent de ce jeu politique. Le Parti National Libéral agit vigoureusement en faveur du développement économique dans un esprit nationaliste. Le problème le plus difficile est le problème agraire. La production agricole s'est développée. La petite propriété issue des réformes de Cuza vit dans un |
Carol I de Roumanie |
endettement permanent ; faute
d'un véritable crédit rural, on a recours aux usuriers.
Les mesures gouvernementales visant à transférer de nouvelles
terres à la paysannerie sont restées sans véritable
effet. En 1916 éclate donc une violente jacquerie paysanne en
Moldavie ; sa répression par la force rétablit l'ordre
mais ne règle pas le problème agraire. |
Ion Bratianu |
La convention du 9 décembre 1919
leur garantit l'égalité civile et le respect des particularités
linguistiques et religieuses. Mais le chemin vers un Etat fort, unitaire
s'avére difficile et contrariant pour ces minorités. Les
lois agraires de 1918 et 1921 transfèrent à la paysannerie des
terres de la couronne, celles des propriétaires absents, limitant à 100
hectares la propriété des terres arables. Le suffrage universel
est institué en 1919. Sur la scène politique, les libéraux
semblent avoir épuisé leur programme avec le vote de la
Constitution de 1923 et se prêtent à diverses manoeuvres
politiques pour conserver le pouvoir. Le Parti National Paysan semble être
une alternative, mais d'une façon générale la démocratie
peine à se consolider.La mort du roi Ferdinand en 1927 (la même
année que le chef des libéraux I.C. Bratianu, qui laisse
son parti décapité) engendre des problèmes dynastiques.
Son fils Carol II, discrédité, sera écarté au
profit d'un Conseil de régence pour revenir sur le trône
en 1930 et instaurer un régime autoritaire, avec renforcement
de son pouvoir personnel. |
Le contexte économique et social
permettra la montée
du fascisme, lié à la personne de Corneliu Codreanu. Son
mouvement deviendra finalement la Garde de Fer, qui prônait un
mélange
de christianisme de croisade, de nationalisme agressif et d'antisémitisme
violent ; ses appuis sociaux seront le clergé, certains milieux
bourgeois, la jeunesse étudiante incertaine quant à son
avenir, mais aussi les milieux populaires hostiles à l'usurier
juif. Carol II, après avoir utilisé Codreanu afin d'anéantir les partis traditionnels, fait exécuter celui-ci en 1938. Par une nouvelle Constitution il ébranle ce qui reste d'une vie politique démocratique basée sur le pluripartisme. La politique extérieure de la Roumanie après la Première Guerre a été entièrement orientée vers la France. Le maintien du statu quo territorial confirmé par les traités de paix passait par la politique française visant à créer un cordon sanitaire sensé contenir le bolchevisme. Dans cet esprit, la Roumanie adhère à la Petite Entente en 1921 (avec la Tchécoslovaquie et la Yougoslavie) et à l'Entente Balkanique, et participe activement aux travaux de la Société des Nations dans un idéal de sécurité collective. Les années 30 bouleversent toutes les données. |
Carol II de Hohenzollern |
| Idéologiquement,
la Roumanie connaît des sympathisants des régimes fascistes. Économiquement,
l'Allemagne lui offre une meilleure issue à la crise. Politiquement,
les changements se nourrissent de la faillite, par la faute des démocraties
orientales, du système de sécurité collective, (les accords
de Munich en sont la preuve). |