Les émigrants illégaux sont une menace contre le désir
de la Roumanie de s'intégrer à l'Union Européenne.
N'ayant pas atteint le niveau requis pour faire partie de la première
vague d'adhésions en mai 2004, la Roumanie doit "lutter" pour
satisfaire les conditions nécessaires jusqu'à la seconde
vague de 2007.
Le flux de mendiants et de voleurs roumains sont pour beaucoup issus de
la communauté rrom
(tsigane) qui arrive dans les pays d'Europe Occidentale est une des raisons
pour laquelle la Roumanie a été recalée.
Le premier ministre Adrian Nastase a reconnu qu'un "petit nombre de
personnes donne une image déformée du pays". Les autorités
de Bucarest ont durement été critiquées par les médias
internationaux pour ne pas avoir contenu le flot d'immigrants illégaux.
Le quotidien français Le Monde estime que l'incapacité de
la Roumanie à résoudre ce problème en faisait le candidat
le moins bien placé pour l'intégration européenne.
Nicolas Sarkozy s'est déplacé à Bucarest pour trouver
une solution face aux mendiants et voleurs roumains ayant "envahi" la
France.
À
la fin d'août 2002, les deux pays ont signé un accord prévoyant
que tout citoyen roumain arrêté en France pour avoir commis
un délit sera extradé, et il aura tous ses biens confisqués à son
retour.
M. Sarkozy a déclaré comprendre "que la Roumanie se
soucie de son image, qui ne doit pas être entachée par les
actes d'une petite minorité (Tsigane)".
Devant la condamnation internationale, les autorités de Bucarest
ont pris des dispositions très sévères dans le but
de réduire l'immigration illégale dans les pays de l'Union
Européenne. Il a été annoncé que tout citoyen
roumain accusé de vagabondage ou de mendicité pourrait se
voir confisquer son passeport.
La communauté rrom du pays, qui représente officiellement
1,8 % de la population, porte souvent la responsabilité de l'émigration
illégale de la Roumanie, même si les représentants
de cette minorité le nient. Toutefois Madalin Voicu, ancien dirigeant
du Parti des Rroms, représentant de cette minorité au Parlement
roumain déclarait : "nous sommes d'accord pour rapatrier
immédiatement tous les mendiants et tous les criminels qui font
du tortà l'image de la Roumanie à l'étranger, quelle
que soit leur origine ethnique".
Le problème a été aggravé par un certain nombre
d'agences de tourisme véreuses, qui aident souvent les migrants
potentiels à passer
illégalement la frontière.
L'immigration est devenue une question importante en janvier 2002, quand
la Roumanie a été le dernier des douze candidats à l'Union
Européenne auquel ont été imposées des restrictions
de visas. Depuis ce moment la Grande-Bretagne et la France ont dû faire
face à une vague d'immigrants illégaux venant de Roumanie.
La Finlande qui, dans les années 90 n'a eu que 37 demandes d'asile
de la part de citoyens roumains, a reçu, dans les premières
semaines de janvier, des centaines de demandes d'asile.
Face à cela, la Commission européenne a pris en charge trois
nouveaux contrats à hauteur de huit millions d'euros pour aider les douanes
roumaines à améliorer leur fonctionnement.
Des responsables gouvernementaux considèrent qu'environ 220.000
Roumains ont été empêchés de quitter le pays
illégalement dans la première moitié de l'année
2002.
Le risque pour la Roumanie, si elle ne prend pas de mesures sévères,
est de se voir réimposer les vieilles restrictions sur les visas,
ce qui serait un coup dur pour le gouvernement actuel, mais surtout pour
le peuple roumain.
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