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Dernière mise à jour le 03 décembre 2006

 

Les voleurs et les mendiants

 

 

Les émigrants illégaux sont une menace contre le désir de la Roumanie de s'intégrer à l'Union Européenne. N'ayant pas atteint le niveau requis pour faire partie de la première vague d'adhésions en mai 2004, la Roumanie doit "lutter" pour satisfaire les conditions nécessaires jusqu'à la seconde vague de 2007.
Le flux de mendiants et de voleurs roumains sont pour beaucoup issus de la communauté rrom (tsigane) qui arrive dans les pays d'Europe Occidentale est une des raisons pour laquelle la Roumanie a été recalée.
Le premier ministre Adrian Nastase a reconnu qu'un "petit nombre de personnes donne une image déformée du pays". Les autorités de Bucarest ont durement été critiquées par les médias internationaux pour ne pas avoir contenu le flot d'immigrants illégaux. Le quotidien français Le Monde estime que l'incapacité de la Roumanie à résoudre ce problème en faisait le candidat le moins bien placé pour l'intégration européenne. Nicolas Sarkozy s'est déplacé à Bucarest pour trouver une solution face aux mendiants et voleurs roumains ayant "envahi" la France.
À la fin d'août 2002, les deux pays ont signé un accord prévoyant que tout citoyen roumain arrêté en France pour avoir commis un délit sera extradé, et il aura tous ses biens confisqués à son retour.
M. Sarkozy a déclaré comprendre "que la Roumanie se soucie de son image, qui ne doit pas être entachée par les actes d'une petite minorité (Tsigane)".
Devant la condamnation internationale, les autorités de Bucarest ont pris des dispositions très sévères dans le but de réduire l'immigration illégale dans les pays de l'Union Européenne. Il a été annoncé que tout citoyen roumain accusé de vagabondage ou de mendicité pourrait se voir confisquer son passeport.
La communauté rrom du pays, qui représente officiellement 1,8 % de la population, porte souvent la responsabilité de l'émigration illégale de la Roumanie, même si les représentants de cette minorité le nient. Toutefois Madalin Voicu, ancien dirigeant du Parti des Rroms, représentant de cette minorité au Parlement roumain déclarait : "nous sommes d'accord pour rapatrier immédiatement tous les mendiants et tous les criminels qui font du tortà l'image de la Roumanie à l'étranger, quelle que soit leur origine ethnique".
Le problème a été aggravé par un certain nombre d'agences de tourisme véreuses, qui aident souvent les migrants potentiels à passer illégalement la frontière.
L'immigration est devenue une question importante en janvier 2002, quand la Roumanie a été le dernier des douze candidats à l'Union Européenne auquel ont été imposées des restrictions de visas. Depuis ce moment la Grande-Bretagne et la France ont dû faire face à une vague d'immigrants illégaux venant de Roumanie. La Finlande qui, dans les années 90 n'a eu que 37 demandes d'asile de la part de citoyens roumains, a reçu, dans les premières semaines de janvier, des centaines de demandes d'asile.
Face à cela, la Commission européenne a pris en charge trois nouveaux contrats à hauteur de huit millions d'euros pour aider les douanes roumaines à améliorer leur fonctionnement.
Des responsables gouvernementaux considèrent qu'environ 220.000 Roumains ont été empêchés de quitter le pays illégalement dans la première moitié de l'année 2002.
Le risque pour la Roumanie, si elle ne prend pas de mesures sévères, est de se voir réimposer les vieilles restrictions sur les visas, ce qui serait un coup dur pour le gouvernement actuel, mais surtout pour le peuple roumain.