Né le 20 mai 1914 à Bobota (département
de Salaj). Il grandit dans une famille qui menait une intense activité politique
pour la reconnaissance des droits des Roumains de l'Empire Austro-Hongrois,
par le biais du Parti National Roumain de Transylvanie.
La personne qui a néanmoins joué le rôle plus important
dans son évolution ultérieure a été Iuliu Maniu,
homme politique ayant oeuvré pour l'Union de la Transylvanie à la
Roumanie en 1918.
Après des études juridiques et économiques à l'université de
Cluj (1930-1934) il devient président de l'Organisation de la Jeunesse
du Parti National Paysan de Cluj et collaborateur aux journaux "Romania
Noua" (la Nouvelle Roumanie), "Mesajul" (le Message) et
Unirea (l'Union).
Secrétaire privé permanent de Iuliu Maniu, il accompagnera
celui-ci dans toutes ses missions et négociations politiques importantes
(1937-1940).
En 1940 il devient secrétaire politique de Iuliu Maniu, fonction
qu'il remplira jusqu'à leur arrestation, le 14 juillet 1947. Dans
sa qualité de secrétaire politique, il prendra part à toutes
les négociations menées avec les occidentaux et avec les
leaders des partis politiques de la coalition anti-hitlérienne.
Il détenait le code secret de la correspondance par laquelle l'opposition
négociait la sortie de la Roumanie de l'Axe et le retour vers ses
alliés traditionnels et devait maintenir le contact confidentiel
avec les représentants du gouvernement anglais de Liverpool, avec
les délégués de l'opposition roumaine qui négociait
au Caire, avec les émissaires roumains de Stockholm et avec le commandement
militaire allié d'Italie.
Il partira à Bucarest après la perte du nord de la Transylvanie
; il sera collaborateur du journal hebdomadaire "Ardealul" (publication
des réfugiés transylvains) et à d'autres publications.
Marié en 1942 à Arlette Marcovici ; cette dernière
est arrêtée en 1950 avec sa soeur ; accusée d'espionnage,
elle restera 14 ans en prison d'où elle sortira gravement malade
et mourra en 1965.
En 1945, Cornelui Coposu est président du Parti National Paysan
(PNT) du département de Salaj, secrétaire général
adjoint du Parti National Paysan et délégué du parti
au moment de la réinstallation de l'autorité roumaine en
Transylvanie du Nord. En 1946 il sera promu secrétaire de la Délégation
Permanente du parti.
Après son arrestation il restera 9 ans en arrêt préventif,
sans être jugé. En 1956 il sera condamné aux travaux
forcés à vie pour "haute trahison de la classe ouvrière
et crimes contre les formes sociales". Suivrons 8 ans sous régime
d'isolement sévère à Ramnicul-Sarat, dont il en sort
gravement malade.
Dans la période allant de 1962 à 1964 on lui impose une domiciliation
forcée au Baragan. En avril 1964 il est libéré après
dix-sept ans de détention dans douze prisons communistes (dont Jilava
et Gherla).
À
partir de cette date il travaillera comme ouvrier sans qualification sur
des chantiers ; il sera en permanence surveillée et régulièrement
convoquée par la Securitatea. Il subit vingt-sept perquisitions
entre 1964 et 1989 lors desquelles on lui a confisqué quantité de
documents et manuscrits.
Il entreprend une activité politique clandestine en 1987, affiliant
le Parti National Paysan (clandestin) à l'Internationale Chrétienne
Démocrate par une demande adressée au vice-président
de cette organisation, Jean-Marie Daillet.
22-23 décembre 1989 : Cornelui Coposu annonce par un message/manifeste
l'entrée à nouveau dans la vie publique du Parti National
Paysan, devenu ultérieurement Chrétien et Démocrate
(PNTCD). Après1989 il a été sollicité, à l'occasion
de tout événement politique majeur de Roumanie, à exprimer
ses opinions sur les postes de radio internes et internationales, ainsi
que
dans la presse.
À
partir du 28-29 janvier 1990 il devient pratiquement le leader de l'opposition
contre le Front du Salut National qui tentait de monopoliser le pouvoir
exécutif et législatif, en s'appropriant la Révolution
de Décembre 1989. Corneliu Coposu conduira l'opposition dans la
Roumanie postcommuniste. Il sera victime d'une virulente campagne de presse
tentant de le compromettre ; cette campagne durera jusqu'à la fin
des élections
législatives de 1992.
Fidèle à ses convictions monarchiques, il rendra visite
au roi Michel de Roumanie à Versoix, en Suisse (juillet 1991). Jusqu'à la
fin de ses jours il sera en contact avec le souverain et la famille royale.
É
lu président du PNTCD à l'occasion du premier congrès
du parti (27 septembre 1991) il sera également Président
de la Convention Démocratique (1991-1993) dont il avait proposé la
création dès 1990.
Suite aux élections de 1992, il devient sénateur de Bucarest. Sur
le plan international, il est membre du Conseil de l'Union Européenne
Chrétienne et Démocrate et de l'Internationale Chrétienne
et Démocrate ; il participe à divers congrès des partis
chrétien-démocrates européens. Il présentera
le candidat de la Convention Démocrate Roumaine, Emil Constantinescu,
en Belgique, Hollande, France, Luxembourg, Angleterre et Allemagne.
En février-mars 1995 il sera invité aux États-Unis
par le Congrès américain. Au mois de mai de la même
année il sera nommé Officier de la Légion d'honneur
de la République Française.
Il s'éteint le 11 novembre 1995 à Bucarest ; il sera enterré au
cimetière Belu, sans funérailles nationales, mais
accompagné par
des milliers de roumains.
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