Le problème a pour cause la décision, à l'époque
Ceausescu, de démolir des milliers de maisons de Bucarest pour les
remplacer par des immeubles. La grande majorité des habitants de
ces maisons avaient des chiens car traditionnellement, à la campagne
ou à la ville, les propriétaires de maisons individuelles
possédaient un chien.
L'existence des chiens dans les immeubles ayant été interdite,
ces animaux se sont retrouvés dans la rue, errant autour des immeubles
occupés par leurs maîtres, qui continuaient à les nourrir.
Ces chiens se sont reproduit en très grand nombre atteignant 200.000 à 300.000
exemplaires à Bucarest. Il faut souligner toutefois que les autres
grandes villes du pays connaissent aussi ce problème.
La Mairie de Bucarest, pour faire face à ce fléau a décidé d'euthanasier
tous ces chiens errants. Plusieurs associations ont créé en
1998 un Comité international pour la stérilisation des chiens
de Bucarest.
Grâce à la présence de Brigitte Bardot et d'Animaux
sans Frontières, la Mairie de Bucarest a accepté ce projet,
qui devrait se dérouler sur plusieurs années et surtout,
qui nécessite des moyens financiers et matériels colossaux.
Le Maire de Bucarest, Traian Basescu, a décidé de résoudre
ce problème par la capture des 200.000 chiens en question, l'euthanasie
des chiens malades ou agressifs (30.000 environ) est la stérilisation
des autres. Mais pour les autorités les chiens stérilisés
pouvaient regagner la ville seulement s'ils étaient adoptés
par la population.
Les associations de protection des animaux sont intervenues à ce
stade pour soutenir la mairie avec du matériel vétérinaire,
ou destiné à la capture des chiens, des cliniques vétérinaires
mobiles, du personnel qualifié et des ambulances animalières
; elles se prononcent contre l'euthanasie des chiens en bonne santé qui
ne trouveraient pas de famille d'accueil.
Dans ce sens, Animaux sans Frontières a démarré un
projet complémentaire destiné à responsabiliser la
population : l'installation de niches individuelles pour chiens dans les
lieux publics ou privés, destinés à accueillir les
chiens sains, vaccinés et stérilisés.
Mais pour le Maire le problème est devenu une urgence au vu du nombre
de personnes mordues par ces chiens errants (22.000 en 2000). Un autre
aspect qui pousse le Maire de la capitale à agir est la "mauvaise
publicité" faite au pays par ce problème. Le journal
français Libération a publié un article intitulé "Bucarest,
la ville des chiens vagabonds". Dans le contexte de la candidature
roumaine à l'adhésion à l'Union Européenne,
les "chiens communautaires", comme on les nomme, ternissent l'image
du pays. La décision de "nettoyer" les villes est en faite
une décision prise au niveau national par le Premier ministre Adrian
Nastase. L'on peut craindre que les moyens employés pour régler
ce problème servent non pas à améliorer l'image de
la Roumanie mais à produire sur la population européenne
l'effet opposé, par la perception d'une image violente de la Roumanie.
La stérilisation reste ainsi la seule solution politiquement correcte.
À
partir du 1er mars 2001, la Mairie de la capitale a décidé donc
: la capture de tous les chiens errants ; la stérilisation d'un
plus grand nombre d'entre eux ; l'euthanasie des chiens malades, vieux
et agressifs; l'adoption de ces animaux par la population.
En février 2001, un nouveau programme d'action d'Animaux sans Frontières
a été mis en place et il vise:
•
La réalisation d'un programme international d'adoption des chiots.
•
L'installation de niches à Bucarest.
•
L'ambulance d'ASF aide la population et les autres organisations.
•
La création d'un centre d'adoption pour les chiots à Bucarest.
Pour les personnes souhaitant participer à ce programme, le prix
d'un abri et de 25 EUR (le nom du donateur sera inscrit sur une plaque)
; toute demande d'information sera prise en compte et vous pouvez vous
renseigner sur asfawf@hotmail.com, concernant les adoptions ou le moyen
d'apporter
une aide financière.
La protection des animaux est une action noble. Il ne faut toutefois
pas oublier que ces chiens errants sont, pour la plupart, affamés,
ce qui les rend agressifs et qu'ils vivent une véritable "vie
de chien". Les décisions nationales roumaines doivent être
regardées en tenant compte de ces réalités ; un vrai
problème de sécurité pour les citoyens existe et l'on
ne peut exiger à une population confrontée à la paupérisation
de prendre en charge "une bouche de plus à nourrir". Une
ville peuplée de meutes de chiens n'a rien de civilisé.
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