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Dernière mise à jour le 03 décembre 2006 |
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Nicolae Ceausescu
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Né à Scornicesti, dans le département
d'Olt, en 1918 dans un milieu paysan pauvre, il rejoint Bucarest et ses
milieux activistes
; dès 1934 il sera repéré par la police pour ses
activités
politiques. Activiste lié aux milieux du Comité national
anti-fascistes, il sera arrêté à plusieurs reprises,
en 1934 et en 1936 (année où il sera condamné à deux
ans de prison). Incarcéré à nouveau entre 1940 et
août 1944, il connaîtra en prison Gheroghe Gheroghiu-Dej,
Gheroghe Apostol et Stoica Chivu, militants clandestins qui ont faitcarrière
au sein de l'Etat. Son ascension politique a été somme toute rapide, suivant les étapes de la prise du pouvoir par les communistes. Ses vrais débuts politiques se déroulent en Olténie (1946), où il épouse Elena. Coopté comme membre du Comité Central en 1952 il sera le Secrétaire de ce Comité en 1954 et membre du bureau politique en 1955. Nicolae Ceausescu connaît l'URSS et les négociations avec Moscou, mais a fait aussi l'expérience de la Chine, où il s'est rendu en 1964 avec Gheroghe Maurer, son conseiller. Gheroghe Maurer et Emil Bodnaras ont proposé et soutenu la candidature de Ceausescu au poste de premier secrétaire du parti (il sera élu lors de la séance plénière du comité central du 22 mars 1965). |
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Le personnage de Nicolae peut se "résumer" finalement à deux
aspects : le Ceausescu "génie des Carpates" perçu
par l'Occident comme porteur d'un style indépendantiste dans ses
rapports avec Moscou et par conséquent interlocuteur idéal
pour le "camp" de l'Ouest ; l'autre image de Ceausescu,
bien réelle cette fois-ci, est celle d'un dictateur mégalomane,
ayant opprimé, aliéné et affamé son peuple. Nous allons nous arrêter premièrement sur l'image d'un président qui a donné à son pays le rôle de petite puissance dissidente, audacieuse, rebelle au sein du camp communiste. La foi patriotique, le socialisme à visage humain étaient-ils les seuls facteurs ayant forgé cette image d'un pays jouant la carte de la souveraineté nationale et de l'indépendance ? |
Ceausescu n'a jamais dénoncé le Pacte
de Varsovie et ses gestes,
dans cette optique, ont peut-être simplement bénéficié de
la tolérance de Moscou. La politique extérieure du président
roumain a été interprétée alors de manière
erronée par un Occident qui appliquait à un pays socialiste les
catégories occidentales de la pensée de la souveraineté des États
Nations. Pour De Gaulle la Roumanie semblait la carte adéquate dans la lutte de la France contre les blocs, entre le monopole de la puissance par Moscou et Washington. Effectivement, les gestes indépendantistes de Bucarest semblent avoir pour assise la souveraineté de l'Etat/Nation, la valeur prioritaire accordée à la patrie dans un contrat entre le peuple et son leader charismatique, dans la lutte pour l'autonomie politique, militaire et économique. Pour les tiers-mondistes, la Roumanie de Ceausescu représente, au sein du bloc socialiste, une Nation qui prétend suivre une troisième voie, celle d'un socialisme national, celle d'un non-alignement dans l'esprit des principes définis par la conférence de Bandoeng en 1955. Même pour la diplomatie américaine l'autonomie roumaine et le lien privilégié entre Bucarest et Washington ont été utiles pour inquiéter les Soviétiques sur leur frontière sud-ouest, dans une logique de guerre froide. On peut penser que la Roumanie jouait aussi une carte et que toute cette propagande (spécificité, indépendance, troisième voie entre l'hégémonie des blocs) légitimait le pouvoir du chef de l'Etat roumain auprès de son peuple et suscitait, à l'Ouest, des sympathies accompagnées d'accords économiques. Le "génie des Carpates" a été conscient que le "chantage" entre les Grands est un moyen d'expression et de définition de la puissance pour les petits. Dans toutes les interprétations occidentales de la politique de Ceausescu, on a ignoré pendant longtemps les bases marxistes-léninistes du régime, son identité socialiste. Quels sont les gestes de Ceausescu ayant fait croire à son indépendance par rapport à Moscou ? Probablement, le moment le plus fort est la condamnation par Ceausescu, le 21 août 1968 du règlement par les troupes du Pacte de Varsovie de la crise tchécoslovaque. |
Face à la passivité de l'Occident et à la certitude
des blocs, confirmée à l'été 1968, Ceausescu
a développé en Roumanie une surenchère nationaliste,
que le pouvoir impulse et récupère à son profit dans
une logique isolationniste, d'une Roumanie victimisée et héroïsée. Restent, étroitement liées à la politique intérieure, les premières manifestations et l'évolution d'une politique étrangère voulue indépendante. La voie de cette ouverture interne, partielle, inégale et incomplète a été hérité de Gheroghe Gheroghiu-Dej (qui refusait en 1961 de rompre avec la Chine et qui s'insurgeait en 1963 contre le rôle de pays agricole attribué à la Roumanie par le COMECON). Ceausescu a promu une politique extérieure cohérente, donnant à la Roumanie un rôle de plaque tournante. |
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Sa position au Moyen-Orient, impliquant des
négociations avec l'OLP,
le
retrait d'Israël des territoires occupés et la création d'un État
palestinien, a favorisé le déroulement à Bucarest des négociations égypto-israéliennes
qui ont abouti aux accords de camp David. Ceausescu souhaitait un rôle
de premier rang dans le processus de paix au Proche-Orient : il a rencontré Arafat
plus de 70 fois depuis 1974 et a eu l'initiative, en 1987, d'une rencontre sur
le
littoral de la Mer Noire entre responsables palestiniens et pacifiques israéliens. |