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Dernière mise à jour le 03 décembre 2006 |
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Bilan de l'économie actuelle : Après trois années de récession entre 1997 et 1999,
la Roumanie connaît depuis cinq ans une croissance soutenue (de
l’ordre de +5% par an sur la période 2001-2004). Alors qu’en
2001 et 2002, la croissance avait été tirée principalement
par les exportations et l’investissement, en 2003 et 2004 la croissance
s’accélère et la demande intérieure est devenue
le moteur de l’activité, accompagnée d’un fort
creusement du déficit de la balance courante (aux alentours de
-5,3% du PIB en 2004). Depuis 2000, la stabilité politique du
pays favorise la continuité dans la mise en oeuvre des politiques
budgétaire et monétaire, modérément restrictives
(voire insuffisamment contra-cycliques sur la période récente)
et qui ont permis un ralentissement progressif mais encore inachevé de
l'inflation (40% début 2001,12,4% mi-2004, 9% prévus en
fin d’année 2004). En ce qui concerne les réformes
structurelles (privatisation, libéralisation et transposition
effective de l’acquis communautaire), la Roumanie a longtemps accusé un
retard important. Cependant, alors que l’approche des élections
de novembre 2004 pouvait faire craindre un blocage du processus de réformes,
le contraire s’est produit et le gouvernement a réalisé d’importantes
privatisations stratégiques, notamment dans le secteur énergétique,
afin de ne pas affaiblir les chances du pays d’obtenir en octobre
2004 le statut d’« économie fonctionnelle de marché » déjà détenu
par la Bulgarie et qui apparaît nécessaire à la clôture
des négociations d’adhésion en fin d’année
2004. Perspective historique : un démarrage tardif de la transition en Roumanie : La Roumanie est sortie en 2000 d’un « second
choc de transition » : entre 1997 et 1999, le pays a enregistré trois
années consécutives de récession (-14% cumulés),
a évité de peu une cessation de paiements en 19971998 et
a vu le budget de l’Etat devoir prendre en charge, en 1999-2000,
des faillites bancaires dont le coût a été estimé à 10%
du PIB. Le gouvernement intérimaire dirigé en 2000 par
le Gouverneur de la Banque Centrale, Mugur ISARESCU, peut être
crédité d’avoir mis en place les conditions nécessaires à la
stabilisation macrofinancière, avec notamment la dernière
recapitalisation du système bancaire public. La Banque Centrale
adoptait parallèlement une politique monétaire ayant comme
objectif une appréciation modérée du taux de change
effectif réel, légèrement inférieure à la
progression de la productivité du travail. Cette politique d’ancrage
du change réel, conjuguée à une politique budgétaire
modérément restrictive, a ainsi favorisé la réduction
de l’inflation, la réduction du déficit courant jusqu’en
2002, la croissance des réserves de change et le démarrage
des IDE, sans pour autant affaiblir la compétitivité-prix
des exportations de la Roumanie. Depuis 2000, la Roumanie a renoué avec
une croissance soutenue dans un contexte de recul (dans un premier temps
rapide) de l'inflation, évolution favorisée par la plus
grande stabilité politique et surtout par l’affichage d’une
volonté crédible d’adhésion à l'UE
en 2007. Le relèvement à plusieurs reprises de la notation
de sa dette souveraine par les agences de notation a également
est le reflet de l’amélioration de l’image internationale
du pays. La Roumanie reste cependant le pays le plus pauvre des 12 des
deux premières vagues d’adhésion (2 600 €/hab
projeté en 2004, 6300 € en PPA) et surtout celui où les
réformes structurelles (réforme de l'Etat et de l'environnement
des affaires, privatisations) ont avancé le plus lentement. Marquée
par une agriculture archaïque (35 % de la population active pour
12% de PIB), un secteur public faiblement productif et une corruption
endémique dont souffrent particulièrement les investisseurs étrangers,
la Roumanie reste confrontée à un problème de transposition
effective de l’acquis communautaire. La croissance de la demande interne et du PIB s’accélèrent en 2004, accompagnés d’un haut niveau des déficits extérieurs. Alors que le gouvernement prévoyait une croissance du PIB de +5,5% en 2004, les résultats du 1 er semestre enregistrent une hausse de +6,6 % du PIB en glissement annuel, soutenue par la demande intérieure. L’investissement progresse de +10,4 %, la consommation des ménages de +9% et la consommation publique de +6%. Ce dynamisme est alimenté de manière générale par la hausse du revenu disponible des agents économiques, dans un contexte de réduction de l’inflation. La consommation privée apparaît ainsi soutenue par une série de facteurs : les fortes hausses de salaires, particulièrement en fin d’année 2003 (hausse nominale de 12% pour le seul mois de décembre avec les bonus) ; la poursuite de la progression des crédits privés (hausse réelle 45% en glissement annuel fin juin 2004) ; et enfin le revenu procuré aux ménages par les transferts de fonds des expatriés (dont le montant total annuel représenterait environ 8% du PIB). Le maintien d’un volume important d’impayés, en particulier des arriérés de dette fiscale et sociale qui continuent d’être tolérés par les administrations publiques (2 à 3% du PIB en flux annuels), apparaissent par ailleurs constituer une « subvention » quasi-fiscale à l‘économie qui soutient notamment la FBCF privée, soutenue également par la croissance des flux croissants d’IDE. Ces derniers s’établissent à 1,2 Mds€ au 1 er semestre 2004, soit +60% par rapport à 2003. Le dynamisme de la demande interne se traduit cependant par une augmentation de +19,1 % des importations de biens et de services. Les exportations pour leur part ne progressant que de +17,1 %, l’on observe un accroissement de la contribution négative des échanges extérieurs au PIB. Le déficit commercial (FOB/CIF) s’est élevé à 2.960 M€ (en hausse de +28% par rapport au 1 er semestre 2003) et le déficit courant à 1.617 M€ (+25%). Pour l’ensemble de l’année 2004, le déficit courant devrait cependant selon le FMI être en ligne avec les engagements (-5,3% du PIB) souscrits dans le cadre de l’Accord de Confirmation conclu le 7 juillet à titre de précaution. Le déficit des paiements courant devrait par ailleurs être financé sans difficulté compte tenu notamment de la progression des IDE. Les réserves de change progressent plus rapidement qu’attendu dans un contexte de pressions à l’appréciation nominale du Leu et d’interventions de la banque centrale visant à les combattre : 1,9 Mds d’euros (2% du PIB) ont été acquis par la banque centrale lors de ses interventions sur les marchés des changes au deuxième trimestre 2004 (les 2/3 de ces montants ont été stérilisés). Fin-juin, les réserves de change représentent 4,3 mois d’importations de biens et services. Dans ce contexte, le rôle des politiques publiques, en particulier budgétaire, peut apparaître insuffisamment contra-cyclique. Le rythme de croissance des prix continue d’être
progressivement réduit, avec un glissement annuel à 12,4
% en août 2004. La Banque centrale maintien l’objectif d’une
inflation à 9 % fin 2004, objectif que le FMI continue d’estimer
parfaitement atteignable. Un élément nouveau dans la lutte
contre l’inflation est apporté par la tendance à l’appréciation
nominale du change, qui a dû être combattue au cours des
derniers mois par la BNR par une série de baisses de son taux
d’intervention depuis juin 2004 (le ramenant à 18,75 % fin
août contre 21,25 % en juin). Au total, le leu est resté quasiment
stable en terme nominal depuis décembre 2003 tant contre l’euro
que contre le dollar. La baisse des taux directeurs rend certainement
plus aléatoire l’obtention par la BNR de résultats
favorables dans ses prochaines étapes de réduction du taux
d’inflation. Or la BNR a confirmé son intention d’adopter
dès 2005, une politique de ciblage de l’inflation (et non
plus de ciblage du taux de change) et la mise en œuvre de cette
décision pourrait se révéler difficile. Le contrôle
de la croissance des crédits au secteur privé à travers
la création d’un Bureau du Crédit (opérationnel
depuis août) et le relèvement des réserves obligatoires
applicables aux crédits en devises (porté de 25 à 30
% fin août), n’a ainsi jusqu’à présent
donné que peu de résultats. Des progrès significatifs ont été enregistrés récemment en matière de réformes structurelles : Compte tenu du retard pris en matière de réformes structurelles au long des années 90, l’ampleur du rattrapage à accomplir est particulièrement important : restauration de conditions profitables d’exercice des entreprises publiques (singulièrement dans le secteur énergétique), normalisation des comportements de paiements dans l’économie (les arriérés de factures énergétiques mais aussi de charges sociales et fiscales représenteraient entre 35 et 60 % du PIB), réforme de l’Etat devant permettre d’accroître la capacité administrative du pays (notamment dans le domaine de la justice, devant faciliter la réduction de la corruption et l’amélioration de l’environnement des affaires). Sous la pression de la Commission (exigence de clôture des négociations d’adhésion fin 2004 afin de participer à un élargissement en 2007) que du FMI (le nouvel Accord de Confirmation contenant un calendrier précis réalisation de critères de performances et de conditionnalités « up-front »), les autorités roumaines ont réalisé d’importants progrès ces derniers mois, en particulier par d’importantes privatisations dans le domaine de l’énergie : celle de la compagnie prétrolière PETROM (la Roumanie est productrice de pétrole) au profit de l’autrichien OMV, ainsi que de deux compagnies de distribution d’électricité, Electrica Banat et d’Electrica Dobrodgea au profit de l’italien ENEL. Le gouvernement a également progressé de manière significative dans la cession de Distrigaz Sud à GDF et de Distrigaz Nord à RUHR-GAS. Ces opérations essentielles devraient amorcer un véritable assainissement du secteur énergétique, de sa tarification ainsi que des comportements de paiement, dans le sens d’une « économie fonctionnelle de marché ». En ce qui concerne les négociations d’adhésion, 29 chapitres sur 31 sont aujourd’hui clos dont concurrence et justice, et les autorités peuvent dorénavant envisager la clôture (« temporaire ») de l’ensemble des chapitres avant le début des négociations avec l'Union européenne. La Commission Européenne a cependant adopté en juin dernier une « clause de sauvegarde » qui permettrait le cas échéant de garder la possibilité, après clôture des négociations, de cependant retarder l’adhésion de 2007 à 2008 en cas de retard important dans la transposition effective de l’acquis. Sans sous-estimer l’effort accompli ces derniers mois par les autorités roumaines, les trois années qui devraient séparer la clôture des négociations de l’adhésion à l’UE ne seront pas de trop afin de permettre une transposition effective de l’acquis communautaire dans le fonctionnement quotidien de la société et de l’économie roumaine et ainsi d’assurer la réussite de l’intégration européenne de la Roumanie.
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