Les mutations économiques de l'après
1989
Les nouvelles équipes (néocommunistes)
au pouvoir en 1989 ont accepté le passage à l'économie
du marché tout en freinant cette évolution, notamment dans
le domaine de la grande privatisation industrielle. Au bout des sept
premières années de mutation, certains secteurs sont modernisés,
alors que d'autres sont littéralement dévastés.
En 1997, le déficit budgétaire et la dette extérieure
se sont accrus, les caisses de l'Etat sont vides. L'inflation est galopante,
tandis que la nomenklatura a profité pleinement de la complaisance
du pouvoir à l'égard de ses intérêts et privilèges.
Le gouvernement de Victor Ciorbea, mis en place suite aux élections
de 1996 est confronté à une évasion fiscale de grande
proportion, à la corruption ; il est contraint à pratiquer
une politique d'austérité budgétaire et à augmenter
les prix de l'énergie ; la privatisation des secteurs de l'industrie
soutenus à fonds perdus pour des raisons électorales doit être
achevée.
Le secteur énergétique impose une restructuration rapide
(la production de charbon a baissé de 33 % par rapport à 1989,
celle de gaz naturel de 42,3 %). L'absence de restructuration, de modernisation,
le démantèlement du COMECON, la fin du système d'aides étatiques
et sectorielles ayant encouragée une production de mauvaise qualité,
sont autant de causes de la crise que traverse le pays.
On fait appel aux financements extérieurs à hauteur de
70 % pour la restructuration et on tente une modernisation des industries
extractives mais le problème du coût social de la mutation
ainsi que celui des sources de financement demeurent.
La privatisation, tardive, a connu sa première phase en 1992 (sous
le gouvernement Stolojan) la seconde en 1995 (sous Vacaroiu).
L'on a établi, pour assurer la coordination de la privatisation
de masse de l'industrie un fonds de propriété d'Etat (contrôlant
70 % des parts des industries d'Etat avant la privatisation) et cinq
fonds de propriété régionale (contrôlant les
30 % restants). Les citoyens ont reçu cinq actions d'une valeur
totale d'environ 12 dollars, actions qu'ils pourront revendre ou échanger
contre des parts dans des entreprises privatisées.
Une question délicate est constituée par la composition
arbitraire de la liste des entreprises à privatiser. Certaines
ont ainsi été surévaluées, d'autres sont
déjà semi-privatisées ou en cours de négociation
avec des investisseurs étrangers.
A la fin de l'année 1995, l'essentiel du secteur agricole et
une part importante du commerce ont été privatisés
; le nombre officiel de petites entreprises est de 600.000 ; 86% de la
production industrielle émane du secteur public tandis que le
secteur privé contribue pour 45% au PIB.
La politique financière de la période Iliescu à poussé
les institutions financières -le FMI et la Banque Mondiale- a
incité, avec fermeté en 1995, à des réformes
structurelles.
La Banque nationale de la Roumanie a procédé en novembre
1995 à une dévaluation du leu (la monnaie nationale), dont
le cours sur le marché interbancaire était supérieur
au taux de change officiel ; la dévaluation a stimulé
les exportations.
En 1996, la Banque nationale a retiré leur licence de change à 18
banques, pour en finir avec les spéculations sur le cours du leu,
seules trois banques d'Etat (Bancorex, la Banque Roumaine de Développement
et la Banque Commerciale Roumaine) et une banque privée (la banque "Ion
Tiriac") ont été maintenues sur le marché des
devises.
La part du secteur agricole dans les exportations (dont dépend
fortement la balance commerciale) est liée aux conditions météorologiques
influant sur l'agriculture (inondations, sécheresse, chutes de
neige tardives...). En 1996, la balance commerciale est déficitaire.
La loi sur la privatisation des terres du 14 février 1991 a profondément
modifié la donne dans le domaine agricole. Une fois les CAP détruites
et la terre restituée à ses anciens propriétaires,
certains villages sont revenus à la propriété privé parcellaire,
d'autres ont réorganisé des sociétés agricoles
communales chargées de prendre le relais des CAP (en 1994, ces
sociétés
travaillaient 17 % des terres arabes).
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