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Dernière mise à jour le 03 décembre 2006

 

Les mutations économiques de l'après 1989

Les nouvelles équipes (néocommunistes) au pouvoir en 1989 ont accepté le passage à l'économie du marché tout en freinant cette évolution, notamment dans le domaine de la grande privatisation industrielle. Au bout des sept premières années de mutation, certains secteurs sont modernisés, alors que d'autres sont littéralement dévastés. En 1997, le déficit budgétaire et la dette extérieure se sont accrus, les caisses de l'Etat sont vides. L'inflation est galopante, tandis que la nomenklatura a profité pleinement de la complaisance du pouvoir à l'égard de ses intérêts et privilèges.
Le gouvernement de Victor Ciorbea, mis en place suite aux élections de 1996 est confronté à une évasion fiscale de grande proportion, à la corruption ; il est contraint à pratiquer une politique d'austérité budgétaire et à augmenter les prix de l'énergie ; la privatisation des secteurs de l'industrie soutenus à fonds perdus pour des raisons électorales doit être achevée.
Le secteur énergétique impose une restructuration rapide (la production de charbon a baissé de 33 % par rapport à 1989, celle de gaz naturel de 42,3 %). L'absence de restructuration, de modernisation, le démantèlement du COMECON, la fin du système d'aides étatiques et sectorielles ayant encouragée une production de mauvaise qualité, sont autant de causes de la crise que traverse le pays.
On fait appel aux financements extérieurs à hauteur de 70 % pour la restructuration et on tente une modernisation des industries extractives mais le problème du coût social de la mutation ainsi que celui des sources de financement demeurent.
La privatisation, tardive, a connu sa première phase en 1992 (sous le gouvernement Stolojan) la seconde en 1995 (sous Vacaroiu).
L'on a établi, pour assurer la coordination de la privatisation de masse de l'industrie un fonds de propriété d'Etat (contrôlant 70 % des parts des industries d'Etat avant la privatisation) et cinq fonds de propriété régionale (contrôlant les 30 % restants). Les citoyens ont reçu cinq actions d'une valeur totale d'environ 12 dollars, actions qu'ils pourront revendre ou échanger contre des parts dans des entreprises privatisées.
Une question délicate est constituée par la composition arbitraire de la liste des entreprises à privatiser. Certaines ont ainsi été surévaluées, d'autres sont déjà semi-privatisées ou en cours de négociation avec des investisseurs étrangers.
A la fin de l'année 1995, l'essentiel du secteur agricole et une part importante du commerce ont été privatisés ; le nombre officiel de petites entreprises est de 600.000 ; 86% de la production industrielle émane du secteur public tandis que le secteur privé contribue pour 45% au PIB.
La politique financière de la période Iliescu à poussé les institutions financières -le FMI et la Banque Mondiale- a incité, avec fermeté en 1995, à des réformes structurelles.
La Banque nationale de la Roumanie a procédé en novembre 1995 à une dévaluation du leu (la monnaie nationale), dont le cours sur le marché interbancaire était supérieur au taux de change officiel ; la dévaluation a stimulé les exportations.
En 1996, la Banque nationale a retiré leur licence de change à 18 banques, pour en finir avec les spéculations sur le cours du leu, seules trois banques d'Etat (Bancorex, la Banque Roumaine de Développement et la Banque Commerciale Roumaine) et une banque privée (la banque "Ion Tiriac") ont été maintenues sur le marché des devises.
La part du secteur agricole dans les exportations (dont dépend fortement la balance commerciale) est liée aux conditions météorologiques influant sur l'agriculture (inondations, sécheresse, chutes de neige tardives...). En 1996, la balance commerciale est déficitaire.
La loi sur la privatisation des terres du 14 février 1991 a profondément modifié la donne dans le domaine agricole. Une fois les CAP détruites et la terre restituée à ses anciens propriétaires, certains villages sont revenus à la propriété privé parcellaire, d'autres ont réorganisé des sociétés agricoles communales chargées de prendre le relais des CAP (en 1994, ces sociétés travaillaient 17 % des terres arabes).