Constantin Brancusi
(1876-1957)
Le célèbre sculpteur roumain commence
ses études à l'Ecole
des métiers de Craiova, puis à l'Ecole nationale de Beaux-Arts
de Bucarest (il réalisa lors de cette période le buste
de Gh. Chitu, la Tête de Laocoon est une série d'enfants).
À
l'Ecole de Beaux-Arts de Paris (1905) il sera dans la classe d'Antonin
Mercié.
Accepté en 1907 dans l'atelier de Rodin, il le quittera comparant
le maître à un arbre à l'ombre duquel l'herbe ne
pousse pas. Il crée à cette époque le portrait de
Nicolae Darscu, le Buste de garçon, Duplice, la Prière
et le portrait de Petre Stanescu.
Son modelage est fin, sensible aux effets de lumière ; il s'éloigne
de l'impressionnisme pour tenter dans les conditions où s'affirment
des tendances rationalistes (dont le cubisme) de surprendre l'essence,
le durable (la Sagesse de la terre ; une première version du Baiser
1907, Le sommeil, 1908 ; La muse endormie, 1909-1910 ; L'oiseau rare,
1910 ; Prométhée, 1911 ; Mademoiselle Pogany 1912-1933
; Le premier pas, 1913). Dans toutes les oeuvres l'on remarque l'attrait
pour
les valeurs des arts archaïques, des ethnies noires ou océaniques.
Le peintre Henri Rousseau lui avoue : "Tu as transformé l'antique
en moderne". De plus en plus connu, Brancusi expose dans des hauts
lieux de l'art, dans le monde et en Roumanie.
Il continuera à chercher les principes fondamentaux de la forme,
la dépouillant graduellement de ses aspects éphémères.
Se penchant sur les formes primaires, sur la génése de
la vie, il réalisera : la Princesse X, 1916 ; Le premier cri,
1917 ; Le nouveau-né, 1920 ; Leda, 1920 ; Le commencement du monde,
1924. La série des "Oiseaux dans le ciel" apporte l'idée
de l'élévation dans l'espace, du dépassement du
cadre concret essentiel. En polissant jusqu'à la dématérialisation
les volumes Brancusi réussit l'annulation des effets de la gravitation.
Pour les Colonnes sans fin (1918-1928), l'élévation est
assurée par la progression verticale des modules géométriques.
Revenu en Roumanie pour créer un monument à la mémoire
des héros de la première guerre mondiale, il réalisera à Targu-Jiu
son chef-d'oeuvre, le triptyque "La table du silence", "La
porte du baiser" et "La colonne sans fin" (1937-1938).
Brancusi propose à la sculpture moderne, qu'il a marqué de
manière décisive, un principe solaire à la base
du besoin d'ordre et de raison, l'ascèse des formes, la fascination
de la géométrie (composant une rigueur cartésienne
dans la conception de l'espace), dans une permanente tension anthropocentriste.
La révélation de l'ancienne culture ne lui offre pas une
somme de morphologies, mais une structure morale et philosophique. Fasciné par
le culte de la terre et des ancêtres le sculpteur l'est également
par la genèse de l'homme, découvrant, immuable dans le
flux du temps, les moments cruciaux de la vie -la naissance, l'amour,
la création, la mort.
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